31 juillet 2009
C'est l'heure du bilan
Nous finissons l'année avec un brin de nostalgie mais quelle année !! Une année
riche en échanges, intense dans les relations (dans les fêtes !) et dans les
luttes, nous sortons forcément grandit de toutes ces expériences.
Le mouvement est né d'une
volonté commune de défendre une formation, des valeurs, des hommes et des
femmes qui se lèvent tous les matins pour faire grandir les futures générations
et ce, au delà des étiquettes partisanes et corporatistes. Nous avons eu et
vécu une réelle formation à la citoyenneté, la démocratie ne vaut que si elle
est partagée par tous.
Certes, la mobilisation nationale durant plusieurs mois n'a pas permis de
supprimer la réforme mais nous avons obtenu le report de son application
complète d'un an. Un an où d'autres se mobiliseront, un an pour proposer des
alternatives. Un ornithologue américain du 19°s, Mac Millan, écrivait : "Il
faut sauver les condors. Pas tellement parce que nous avons besoin des condors
mais parce que nous avons besoin de développer des qualités humaines
nécessaires pour les sauver." C'est exactement ce que nous avons fait
durant ces derniers mois. Nous avons développé des qualités humaines
fondamentales, peu importe le résultat, nous avons été volontaires, obstinés,
solidaires, créatifs. Ce sont ces mêmes qualités qui ont fait tomber le Mur et
ce sont ces mêmes qualités qui font qu'aujourd'hui le peuple Iranien se soulève
!
Nous avons montré à Darcos et plus largement aux personnes pensant que les urnes
donnent le pouvoir absolu, aux réseaux d'influences, que les citoyens ne sont
pas endormis et qu'ils n'accepterons pas tout et n'importe quoi.
Au nom du collectif, MERCI A TOUTES ET A TOUS et surtout, surtout... NE LACHEZ
RIEN !
09 juillet 2009
. La
correction politique, ça s’apprend. En tout cas, le ministère de
l’Éducation nationale s’emploie déjà à l’enseigner à Toulouse. Trente
stagiaires de l’IUFM de Haute-Garonne ne seront ainsi pas titularisés
cette année pour avoir contesté les réformes Darcos en cours d’année.
Le compte rendu de formation politiquement incorrect qu’ils ont pu
commettre au mois d’avril se retrouvant dans leur dossier de
validation, les voilà retoqués. C’est
une inspectrice générale, membre du cabinet des ministres Darcos puis
Châtel qui n’a pas supporté que, même dans le strict cadre de l’IUFM,
de futurs fonctionnaires contestent les dernières réformes
gouvernementales. Ces affreux trublions ont eu à en répondre devant le
jury académique de qualification professionnelle devant lequel ils ont
été convoqués ce vendredi 3 et lundi 6 juillet. La charge a été «sauvage», jugent-ils aujourd’hui. Le jury leur auraient reproché un manquement au droit de réserve. Réaction gouvernementale «inédite et exceptionnelle», commentent le Syndicat national de l’enseignement secondaire et le syndicat de l’enseignement primaire. «Le SNES et le SNUIpp ne pourraient accepter que ces collègues ne soient pas titularisés dès cette année». «C’est fini la rigolade. Il a dû y avoir des instructions de sévérité», analyse
un formateur de l’IUFM. Le ministre Luc Châtel ne semble en tout cas
pas disposé à desserrer la vis que son prédécesseur Xavier Darcos a bloquée.Toulouse : 30 stagiaires enseignants de l'IUFM punis pour faits de contestation
Une audience au rectorat et au ministère de la rue de Grenelle est demandée. Où le pari semble être fait que les vacances d’été étoufferont le bruit de ce coup de bazooka sur les rangs de la contestation.
Un tir à blanc, toutefois. La titularisation des trente stagiaires est tout simplement «ajournée». Autrement dit : soyez sages, les enfants, et si vous ne contestez pas plus avant, cette titularisation pourrait intervenir plus tard.
Une question taraude les stagiaires: quelle idée a traversé les formateurs de l’IUFM de glisser les compte rendus de leurs élèves contestant les réformes dans le dossier de validation?
GLv.
22 juin 2009
Communiqué SNESUP du 22/06
MASTERISATION : SCANDALEUSE PRIME AUX INSTITUTS CATHOLIQUES !
Lors du CNESER du 20 avril dernier, interpellé par le SNESUP, le directeur général des enseignements supérieurs, Patrick Hetzel, avait été contraint d'avouer l'intention du ministère d'évaluer les maquettes de master "enseignement" de l'enseignement privé en dépit de l'opposition de la communauté universitaire au projet de réforme de la formation des maîtres, et contre l'avis formel de l'AERES.
Devant la mobilisation quasi unanime de l'enseignement supérieur, le gouvernement déclarait alors qu'il renonçait à sa tentative de passer en force. Pourtant, le 11 juin, le Ministère de l'Education nationale a présenté au Conseil Supérieur de l'Education un projet de décret qui transpose les récentes modifications des décrets statutaires des professeurs des écoles à l’enseignement privé. Comme pour les mesures concernant les enseignants du public, l'inscription de ces projets à l'ordre du jour du CSE anticipait donc sur l'aboutissement des travaux en cours, sans que ces dispositions aient jamais été abordées dans les "groupes de travail". Les organisations présentes à cette réunion du CSE (FSU, Unsa-Education, FCPE, Ligue de l'enseignement, UNL) s'y sont aussitôt opposées et ont quitté la séance devant le refus de l'administration de retirer ce point de l'ordre du jour.
Le 19 juin dernier, par la voix du secrétaire général de l'enseignement catholique, les instituts catholiques – qui demandent des moyens financiers importants à l'État – annoncent être en mesure, dès septembre 2009, de proposer et de délivrer sept masters "métiers de l'éducation et de la formation" adaptés à leurs
propres modalités de formation et de recrutement par le biais de jurys rectoraux. En conférant au recteur, chancelier des universités, cette responsabilité, le gouvernement s'assoit sur les garanties de qualité des diplômes qu'apporte l'obligation faite aux établissements privés de passer convention avec une université
publique pour délivrer leurs diplômes. La procédure du jury rectoral et la connivence des autorités religieuses sont utilisées par le pouvoir comme un artifice pour contourner la résistance forte et raisonnée que la communauté universitaire oppose à une réforme de la formation des maîtres bâclée et dangereuse pour l'avenir du pays, et imposer ainsi ses projets de "mastérisation" en donnant un avantage l'enseignement catholique.
Le SNESUP condamne fermement cette opération de mise en concurrence des diplômes et la prime octroyée à l'enseignement catholique par le gouvernement au mépris des principes fondamentaux de la laïcité
républicaine.
Paris, le 22 juin 2009
20 juin 2009
Valeur Humaine Ajoutée
Monsieur Le Président, Merci de lire ce message, Un p'tit bonheur sur une page, Une douceur.. pour l'Éducation Nationale. Je le confie à la toile, La grande toile du progrès, Afin qu'il tisse les voiles... De la solidarité, Et qu'il rayonne aux ondes... De l'humanité. Je suis Professeur des Écoles Dans un petit village de l'Eure, Trois cents âmes y demeurent, Et vingt- six élèves à l'école... Une classe, dite « unique », Mais cinq cours, dits multiples... Dans cette école une chance, Un p'tit morceau de bonheur, Qui s'écrit avec ces trois lettres: Employée de la Vie Scolaire... Pour l'Éducation Nationale, Un p'tit bonheur, c'est pas banal, Un léger baume sur le cœur De cette Grande Dame Un peu...bancale ! Notre bonheur, c'est Géraldine, En silence elle participe A la guérison d'la Grande Dame... Elle est..une Valeur Ajoutée HUMAINE rentabilité, Et c'est du bonheur ...assuré ! Dès le matin, elle s'active, C'est sur le net qu'elle s'incline Les courriers, les notes de service, Toutes les infos de l'inspectrice, Et celles de l'Académie... Mes mots notés au brouillon, Les comptes-rendus de réunion, Tapés, imprimés, photocopiés, Enveloppés, adressés, timbrés, Prêts à être distribués... Encadrés, les derniers dessins des CP, Affichés, sinon...à quoi bon dessiner? Un CM vient montrer son texte sur le musée, Elle l'aide à le recopier, à taper sur le
clavier... Retentit le téléphone, qu'elle décroche sans
tarder, Afin de ne pas gêner, le travail commencé, Un autre enfant vient finir avec elle l'exercice, Elle explique et décortique, redonne de l'énergie… Rangée la bibliothèque, Notés les livres prêtés, Elle prépare la maquette, La une du journal scolaire... Ah! Notre petit journal « Magique », ils l'ont appelé. Quel travail de fourmi, J'y passerai......des nuits ? Sonne la récréation, une mi-temps pour souffler, Elle me rejoint, souriante, à la main nos deux
cafés, Quelques chaudes gorgées, entre... deux conflits à
régler, Des solutions à trouver, des mots à reformuler, Une écorchure à soigner, une blessure à consoler... Et puis...c'est reparti ! Sur les chemins de la connaissance, Vaincre ainsi sans cesse l'ignorance, Avec labeur, effort, sérieux, S'ouvrir l'esprit, être curieux. Ne pas oublier l'insouciance, De tous ces êtres en enfance, La bonne blague!... On la mettra dans le journal, Les bons gags, et les rires, c'est vital ! Dans les pots Les peintures sont bien préparées, Quatre enfants sur un chevalet, Deux à l'ordi pour recopier, Les autres en dessin sur papier, ....Sans elle, jamais... Ce ne serait si bien géré. Bientôt la fin de la journée, Plus l'aide personnalisée, Restent les cahiers à corriger, Faire le point pour évoluer, Et demain..tout continuer..... Le soir, coup de fil... C'est Géraldine, A sa voix, je perçois, Une blessure qui abîme... Écoute, me dit-elle...c'est à pleurer ! Du « Pôle Emploi » j'ai reçu...un imprimé, Dans quelques semaines, c'est marqué, Votre contrat est terminé... Ils me demandent ce que j'ai fait, Pour trouver un futur emploi.. Sa voix se fêle... »J'ai..un emploi! » Ils me demandent ce que j'ai fait, pour me former, pour m'insérer, Sa voix se gèle.... puis accélère: « Je...suis
formée, depuis trois ans, j'me sens utile, insérée et c'est
varié, Pas bien payé, mais… j'veux rester ! » Sa voix s'étrangle... c'est à pleurer... Ils me demandent mes compétences C'que j'ai acquis, que vais-je répondre? Il y a l'espace ...d'UNE LIGNE UNE LIGNE.... mais tu te rends compte ! J'ai honte, honte...il aurait fallu UNE PAGE Au moins UNE PAGE pour répondre, J'ai honte, honte... pour notre Grande Dame Pour ceux qui l'ont créée, l'ont fait évoluer, Qui a tant appris aux enfants, Qui a tant encore à leur apprendre.. Et Géraldine ??? On n' lui dira même pas MERCI Bien sûr, pas de parachute doré, Et même pas d'indemnité Ils lui précisent... Oh!..comme ils disent D'étudier ses droits...pour..le R.M.I. Elle a raison...c'est à pleurer.. Alors qu'on demande chaque jour, A nos élèves de dire « Bonjour » De dire « Au revoir » et.... « Merci » De s' respecter, d'être poli Comme vous dîtes, Monsieur Sarkozy... Que vais-je dire, à la p'tite fille, Qui l'autre jour, près de moi, s'est assise, Et, toute fièrement, m'a dit: « Tu sais, Maîtresse, moi, quand j'serai grande, J'irai au collège, comme mon grand frère, J'irai au lycée, j'passerai mon bac, Et je ferai...comme Géraldine! » Je sursaute.. Mon cœur se serre… C'est à pleurer. C.Picavet Professeur des écoles à l'école des Livres Magiques Saint-Grégoire du Vièvre (Eure) En hommage à toutes les Géraldine, Florence, Sabrina,
Laurence, Elodie, à tous les Philippe, Sébastien, et bien d'autres qui ont
valorisé mon travail, et participé à la guérison d'la Grande
Dame... qui est encore bien malade... Je ne crois pas à la peur, je crois à la force et à la magie
des mots, Et pour garder notre bonheur, il suffirait de quelque
Euro... Quel patron, quelle entreprise, après trois ans de
formation, Jetterait son salarié, pour prendre un autre, recommencer
? Quel jardinier, quel paysan, brûlerait sa récolte mûre, après
avoir semé, soigné? Je n'ai pas fumé la moquette Je veux seulement que l'on arrête, De prendre les gens pour des pions, Qu'on arrête de tourner en rond ! Torpillé le « Chagrin d'école » En mille miettes de BONHEUR ! En l'honneur de tous ces p'tits bonheurs.. INONDONS LE NET les amis, les décideurs, les chômeurs, les travailleurs, directeurs, les inspecteurs, employés et professeurs, députés, ministres, r'm'istes ou artistes, chanteurs, compositeurs, rapeurs, slameurs, radios, journaux, télés, et à tous ceux qui sont...parents...d'un enfant.. enfin à chaque être humain de ce pays qui j'espère un jour dans sa vie, a bénéficié d'un peu de bonheur, de cette Valeur Ajoutée HUMAINE rentabilité, dans le giron de la Grande Dame. P.S: Ironie..... A la rentrée, c'est presque sûr, Notre petite école rurale Sera dotée d'une Valeur Matérielle Ajoutée, Des fonds ont été débloqués, Huit ordinateurs et un tableau interactif Une « classe numérique » Nous serons à la pointe du progrès ! Et pour cela, je serai
formée Mais, qui m'aidera à installer, et à gérer, sans Valeur Humaine
Ajoutée !
10 juin 2009
Réponse de Darcos à la CPU et D. Filatre... Vous êtes assis?
Dépêche AEF du 10 juin, 14 h 27
Masterisation : « J'aime beaucoup la CPU mais je pense surtout aux étudiants » (Xavier Darcos) « C'est un petit épisode sur une période longue, de 7 à 8 mois [de travail] qui a eu ses hauts et ses bas », déclare Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale mercredi 10 juin 2009, commentant la décision de la CPU de suspendre sa participation à la commission Marois-Filâtre (L'AEF n°115327). Cette décision intervient alors que « le ministère de l'Éducation nationale refuse de revenir sur les dispositions permanentes des décrets relatifs au recrutement des enseignants » (L'AEF n°114946), qui « anticipent le résultat des travaux de la commission Marois-Filâtre », explique la CPU.
« Ça s'est tendu, mais pas beaucoup non plus ! Il ne faut pas exagérer », nuance Xavier Darcos, « Nous allons continuer à travailler de la bonne manière. Je pense que l'on peut considérer que les choses avancent », ajoute le ministre. « J'aime beaucoup la CPU (…) mais je pense surtout aux étudiants », se destinant aux carrières de l'enseignement, et qui ne peuvent pas attendre « octobre » pour savoir comment se déroulera leur année.
Le ministre affirme « travailler beaucoup » sur le dossier de la masterisation, qui fait l'objet d'un « consensus », estime-t-il. Les décrets statutaires validant la masterisation font l'objet d'un examen devant plusieurs « instances », explique Xavier Darcos, avant un passage en Conseil d'État.
« À ma grande surprise », ironise le ministre, le CTPM du 28 mai a d'ailleurs adopté ces projets de décrets (L'AEF n°114728). La FSU s'est abstenue, rappelle-t-il, ce qui « revient à ne pas voter contre ».
Suspension commission Marois Filatre
Masterisation : la CPU suspend sa participation à la commission Filâtre-Marois
Dépêche n°115324 AEF
Le bureau de la CPU et Daniel Filâtre « ont décidé de suspendre leur participation » à la commission de concertation et de suivi sur la masterisation, dite « Filâtre-Marois » du nom de ses deux co-présidents, annoncent-ils, mercredi 10 juin 2009. Cette décision intervient alors que « le ministère de l'Éducation nationale refuse de revenir sur les dispositions permanentes des décrets relatifs au recrutement des enseignants (L'AEF n°114497) » qui ont été adoptés par le CTPMEN le 28 mai 2009 (L'AEF n°114728).
Pour le bureau de la CPU et Daniel Filâtre, « ces dispositions permanentes anticipent le résultat des travaux de la commission Marois-Filâtre ». La séance plénière de la CPU, le 28 mai dernier, avait menacé de cette
suspension si des réponses sur ces dispositions permanentes n'étaient pas apportées par Xavier Darcos (L'AEF n°114715).
« La CPU, en accord avec les conférences de directeurs d'IUFM [CDIUFM], de lettres [CDUL] et de sciences [CDUS], continuera à travailler, indépendamment, pour élaborer des conclusions, propositions et recommandations dans les semaines à venir. »
La CPU ajoute qu'elle « reste ouverte aux propositions du MEN qui permettraient de rétablir un dialogue paritaire MEN-MESR ».
Le bureau de la CPU et Daniel Filâtre organisent une conférence de presse mercredi 10 juin à 13h30.
08 juin 2009
CNFDE du 6 juin 2009
MOTION 1
RETRAIT IMMÉDIAT
DE LA NOTE DE SERVICE HETZEL DU 5 JUIN
Alors que le ministère de l’éducation nationale cherche à imposer ses projets de décrets, hier, 5 juin, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche a anticipé sur leur publication. Il adressé aux présidents d’universités et aux recteurs une note de service qui les engage à commencer la mise en œuvre de la réforme de la formation des maîtres par la délivrance d’équivalences de M1 et de M2 aux candidats et lauréats des concours de recrutement de 2010.
Par delà les dispositions particulières envisagées par ce texte, il s’agit d’un viol de la légalité. Aucun texte réglementaire n’ayant été promulgué jusqu’à présent pour modifier le recrutement et la formation des enseignants, cette note anticipe une réforme qui, pour l’instant, n’existe que sous forme de déclarations et de communiqués des ministres, mais n’a aucune existence juridique.
C’est une nouvelle provocation envers la communauté universitaire, les enseignants et les formateurs des UFR et des IUFM. C’est une nouvelle humiliation pour les instances universitaires : ce texte est envoyé aux présidents d’université alors que les ministères ont mis en place la commission dite de « concertation » Marois-Filâtre, qui a à peine commencé ses travaux.
C’est un déni de la volonté des instances universitaires, qui ont refusé de la façon la plus massive et la plus catégorique le projet de réforme gouvernemental. Et c’est une façon perverse de concevoir l’autonomie des universités puisqu’on leur dit en somme : mettez en œuvre de la manière qui vous conviendra cette réforme dont vous ne voulez pas.
C’est une atteinte sans précédent à l’égalité des étudiants : les critères d’attribution des équivalences pourront être « modulés » d’une université, d’une UFR ou d’un IUFM à l’autre. Qui pourra assurer que l’équivalence accordée à Lille le serait à Toulouse, que l’équivalence accordée en maths ici le serait en espagnol là ? Ce texte ébranle le cadre national des diplômes et porte atteinte à la souveraineté des jurys.
On peut s’étonner que le ministère, qui s’est affirmé récemment si soucieux de préserver la valeur des diplômes et leur contenu, improvise ainsi des critères de validation fantaisistes.
La Coordination nationale formation des enseignants demande au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche d’annuler ce texte. Elle demande aux syndicats d’attaquer cette note de service par tous les moyens, de ne pas participer aux auditions de la commission Marois-Filâtre et de se retirer des « groupes de travail ». Elle appelle les instances universitaires à refuser d’appliquer cette note et à exiger son annulation. Elle appelle la Conférence des présidents d’universités et la CDIUFM à refuser dès aujourd’hui de continuer à siéger dans la commission Marois-Filâtre tant que ce texte et les projets de décrets sur le recrutement des enseignants ne sont pas retirés.
MOTION 2
PROPOSITIONS D'ACTIONS
- La CNFDE appelle à la poursuite de l'action sous toutes ses formes, pour mettre en échec le putsch gouvernemental et la promulgation à marche forcée des décrets modifiant le recrutement et la formation des enseignants.
- La CNFDE, en accord avec la Coordination Nationale des Universités, appelle à l'unanimité tous les syndicats à voter contre les décrets lors du Conseil Supérieur de la Fonction Publique d'État du 12 juin 2009.
- La CNFDE va proposer à tous les signataires de l'appel « Formation des enseignants : le temps presse ! » un nouvel appel demandant le retrait des projets de décrets et la reconduction pour 2010 des dispositifs actuels de recrutement et de formation des enseignants. Une conférence de presse sera organisée pour le lancement de cet appel.
- La CNFDE recommande à tous les jurys (concours, examens, qualification professionnelle) d'utiliser tous les moyens possibles pour exprimer leur condamnation de la réforme gouvernementale : rétention de notes, motions, blocage administratif.
- La CNFDE appelle à organiser dans chaque université le blocage administratif de l'application de la circulaire Hetzel du 5 juin (voir la déclaration ci-dessous) : pas de remontée des maquettes de masters « enseignement », pas de mise en place des équivalences de M1 et M2, les PLC1 doivent être inscrits administrativement dans les IUFM.
- La CNFDE appelle à prévoir, à organiser et à annoncer dès maintenant des actions dès la rentrée : grèves sous toutes leurs formes, manifestations, diffusions de tracts, etc.
- La CNFDE appelle à l'organisation, dans chaque établissement, de journées d'étude et de concertation réunissant des formateurs des IUFM et des UFR pour élaborer collectivement une autre réforme de la formation des enseignants. Le CNFDE fera des propositions pour coordonner ces assises locales et leur donner une visibilité nationale.
- La CNFDE appelle à participer aux manifestations du 12 juin devant le CSFPE, du 13 juin, et à toutes les manifestations qui pourraient être organisées, localement ou nationalement, dans le cadre du mouvement de refus des contre-réformes gouvernementales.
- La CNFDE appelle à organiser partout, et en particulier en direction des parents d'élèves et des lycéens passant le bac, des distributions de tracts (et spécialement le 4 pages « École en danger ») expliquant les raisons de notre mouvement.
Motion 3
AMÉLIORER
LA FORMATION DES ENSEIGNANTS :
SUR QUELS PRINCIPES ?
Modifier en profondeur la formation des enseignants, c’est s’engager sur le long terme. Concevoir une réforme demande donc du temps, des espaces de négociation avec toutes les parties prenantes. C’est pourquoi il faut reconduire immédiatement et intégralement les modalités, conditions et plans de formation pour les lauréats des concours de 2010. Une réforme de la formation des enseignants doit être conforme aux principes suivants :
1. Le recrutement des enseignants des 1er et 2nd degrés doit s’opérer systématiquement à travers des concours nationaux donnant lieu, pour les lauréats, à l’obtention d’un poste de fonctionnaire d’État.
2. Le recrutement des PLC certifiés, des PE et des PLP doit se réaliser au même niveau du cursus universitaire.
3. Un cadre national doit garantir l’unité des formations et la qualité des recrutements.
4. La formation initiale professionnelle et rémunérée après le concours, avec un statut de fonctionnaire stagiaire, doit avoir lieu sous la responsabilité des IUFM, écoles professionnelles interuniversitaires, dont le potentiel actuel doit être préservé et renforcé. Durant l’année post-concours, la formation doit respecter l’équilibre suivant : 1/3 du temps pour la prise en charge de classes en responsabilité, 2/3 pour l’analyse de pratique et les autres modes de formation.
5. Une formation des enseignants de qualité doit être une formation en alternance, mobilisant des équipes de formateurs pluricatégorielles.
6. La formation continue doit être d’emblée articulée au dispositif de formation initiale. Celle-ci doit comprendre aussi un accompagnement à l’entrée dans le métier.
7. Nous demandons une structure académique interuniversitaire pour la formation initiale, la formation continue et la recherche en éducation, intégrant le potentiel de formation et de recherche des IUFM et permettant de renforcer les coopérations entre les UFR et les IUFM dans les formations académiques et professionnelles.
8. Il faut développer la formation continue de tous les formateurs d’enseignants, quelle que soit leur catégorie.
9. Compte tenu des besoins actuels, il faut augmenter le nombre de postes mis au concours et assurer sa visibilité à moyen terme à travers un plan pluriannuel de recrutement.
10. Les étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement doivent bénéficier d’allocations d’étude ou de dispositifs de prérecrutement.
11. Nous refusons la juxtaposition dans la même année du M2, des épreuves des concours, des stages en responsabilité, etc. qui en ferait une année ingérable, aboutirait à dévaloriser les masters et inciterait au bachotage.
12. Toute réforme doit aboutir à une véritable amélioration de la qualification professionnelle des enseignants.
Le temps a manqué pour aborder les points suivants, sur lesquels il faudra approfondir la discussion :
• La formation actuelle des enseignants à Bac + 5, dans le cadre universitaire, doit être reconnue par la délivrance d’un master.
• La revalorisation, qui doit bénéficier à l’ensemble des enseignants et des personnels, ne doit pas être dépendante de la réforme de la formation.
• Place des concours : L3, M1, M2, après M2 ?
• Modalités de financement des études : allocations d’étude, allocation de formation, prérecrutement…
• Articulation formation-recherche : initier tous les enseignants aux démarches de la recherche (scientifique, didactique et pédagogique) ; la formation prend appui sur les recherches.
• Possibilité de réorientation.
• Préprofessionnalisation en licence.
Motion type sur la note Hetzel :
-
- Ce texte est proposé pour être voté dans toutes les instances qui ont trait à la formation des enseignants (jurys, Conseils d'université, UFR, collèges disciplinaires,...) avec les adaptations utiles.
NOUS REFUSONS DE METTRE EN ŒUVRE LA NOTE HETZEL
Alors que le ministère de l’éducation nationale cherche à imposer ses projets de décrets modifiant le recrutement des enseignants, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche anticipe sur leur publication avec la note de Patrick Hetzel, Directeur de la DGESIP, sur la délivrance d’équivalences de M1 et de M2 aux candidats et lauréats des concours de recrutement de 2010, note qu’il a adressée le 5 juin aux présidents d’universités et aux recteurs.
Par delà les dispositions particulières envisagées par ce texte, il s’agit d’un viol de la légalité. Aucun texte réglementaire n’ayant été promulgué jusqu’à présent pour modifier le recrutement et la formation des enseignants, ce texte anticipe une réforme qui, pour l’instant, n’existe que sous forme de déclarations et de communiqués des ministres, mais n’a aucune existence juridique.
Nous refusons de contribuer, quelles qu’en soient les modalités, à l’application de la note Hetzel et à la définition des critères de délivrance des équivalences de M1 et M2.
05 juin 2009
11e Coordination nationale des universités
La 11e Coordination nationale des Universités, qui s'est tenue le 3 juin 2009 à l'Université Paris 13, a assemblé 31 établissements (universités et organismes) et 7 organisations (sociétés savantes, associations et syndicats). L'intervention d'une représentante de la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité a permis de souligner la similitude entre les réformes qui affectent l'ensemble du service public, ainsi que la nécessité de renforcer la convergence des mobilisations.
Motion « Mastérisation »
Ignorant les oppositions fortes qui se sont exprimées depuis plusieurs mois, le gouvernement précipite son projet de réforme du recrutement et de la formation des enseignants du premier et du second degré. Se jouant de la commission de concertation Marois-Filâtre qu'il avait lui-même mise en place, il a fait adopter, dès le 28 mai, en Comité Technique Paritaire Ministériel de l'Éducation Nationale, un arsenal de décrets détaillant les dispositions transitoires et permanentes concernant les conditions de candidature aux concours et de nomination comme fonctionnaire stagiaire. Il rend caducs les travaux de la commission, en fixant de fait le calendrier des concours.
Ce nouveau manquement au processus démocratique de décision, inspiré par des stratégies cyniques, qui a entraîné les réactions indignées des syndicats, des collectifs, de la CNU, et même de la CPU et des directeurs des Écoles Normales Supérieures et des IUFM, montre que, pour cette réforme aussi, la volonté de concertation affichée par le gouvernement n’est qu'une façade.
Nous déplorons l'abstention de la FSU et du Syndicat Autonome, lors du Comité Technique Paritaire du 28 mai 2009. La CNU appelle à l'unanimité que tous les syndicats votent contre les décrets lors du Conseil Supérieur de la Fonction Publique d'État du 12 juin 2009.
Nous réaffirmons notre opposition à cette réforme qui entraîne notamment :
•l'affaiblissement de la formation disciplinaire et pédagogique des futurs enseignants ;
•la mise en danger des masters recherche dans la plupart des disciplines ;
•l'allongement d'un an de la formation non rémunérée des futurs enseignants ;
•la remise en cause du caractère national du recrutement par concours ;
•la création d'une catégorie des « reçus-collés » (étudiants qui auraient obtenu leur master mais échoué au concours), qui institutionnalisera la précarité, présageant du démantèlement du service public d'enseignement.
Nous appelons les personnels et les composantes à une réponse collective, en multipliant les points d'accord entre UFR et IUFM. Comme cette année, nous appelons à la non-remise des maquettes des masters "métiers de l'enseignement". Forts de notre action commune, nous refusons de collaborer à cette réforme que nous jugeons néfaste pour l'avenir de l'éducation.
03 juin 2009
Communiqué de la CNFDE
Coordination Nationale Formation des Enseignants (CNFDE)
COMMUNIQUÉ
Réunion nationale du samedi 6 juin à Paris : une étape décisive
Tandis que le ministre de l’éducation nationale persiste dans sa tentative de publication des décrets réformant le recrutement des enseignants, de très nombreuses voix s’élèvent pour exiger l’arrêt immédiat de ce processus, incompatible avec la tenue de « groupes de travail » et les travaux de la commission dite « de concertation » Marois-Filâtre. C’est ce que demandent, avec la plupart des syndicats, la CDIUFM, la CDUS (directeurs d’UFR scientifiques), la CDUL (directeurs d’UFR de Lettres et Sciences humaines), les directeurs
des ENS, etc. La CPU va jusqu’à menacer de saborder la commission Marois-Filâtre si le gouvernement ne retire pas très vite de ces décrets les dispositions ayant une portée permanente. Ces déclarations et leur ton montrent que, malgré l’abstention du SNES et le refus de vote du SNEP au CTPMEN du 28 mai, il est encore possible d’empêcher le coup de force réglementaire de Xavier Darcos.
Dans ce contexte, la quatrième réunion de la Coordination Nationale Formation Des Enseignants, samedi 6 juin à Paris, sera une étape décisive dans l’action pour défendre une formation des enseignants et des CPE de qualité. Elle devra faire le point sur :
- les décrets que le ministère voudrait promulguer ;
- les informations données au sein des « Groupes de travail », qui précisent le tableau de
la situation, les positions des syndicats, la « commission de concertation » Marois-
Filâtre, les « États Généraux », etc. ;
- les journées de réflexion organisées par divers collectifs et leurs prolongements, la
mobilisation et l’état d’esprit des formateurs, des stagiaires et des étudiants ;
- plus généralement, le rapport des forces un an après l’annonce du projet de réforme.
Elle devra décider des actions que la gravité de la situation actuelle rend nécessaires avant la fin de l’année universitaire afin d’obtenir le maintien des plans et des conditions de formation actuels pour les lauréats des concours 2010, comme nous le demandons depuis la dernière coordination (du 4 avril), et l’arrêt du processus réglementaire lancé par le gouvernement. Elle aura à envisager comment se poursuivra le mouvement dès les premiers jours de la prochaine rentrée.
La coordination se réunira de 9 h 30 à 16 h 30 dans les locaux de l’université Sorbonne Nouvelle (Paris 3), site de Censier (13, rue de Santeuil, Paris 5e, métro Censier-Daubenton, ligne 7).
Le secrétariat de la CNFDE, mardi 2 juin 2009
31 mai 2009
communiqué de l'Emancipation
La direction de la FSU avec DARCOS contre les
IUFM !
Jeudi 28 mai, les élus des personnels au Comité
technique paritaire ministériel ont été consultés sur des décrets sur la
formation des maîtres qui constituent un passage en force des ministres Darcos
et Pécresse, pour imposer la fin des IUFM, de la démocratisation du recrutement
des enseignants, du stage rétribué de formation professionnel, ainsi qu’un
développement sans précédent de la précarité enseignante qui menace les concours
et les statuts.
Les personnels dénoncent comme une véritable
provocation du gouvernement de vouloir imposer ainsi à la hussarde des
mesures combattues pendant des mois par les enseignants et les étudiants des
universités et des IUFM et ceci avant même que les contre feu gouvernementaux
des « groupes de travail » n’aient achevé leurs travaux, ni même
commencé les consultations annoncées pour la commissions
Marois-Filâtre.
Alors que ce passage en force venait d’être condamné par
un très large front regroupant l’ensemble des syndicats des personnels et
étudiants, des coordinations de lutte du supérieur et de la formation des
enseignants, des parents, la conférence des présidents d’universités, les
directeurs d’Ecoles normales supérieures.. .,
Alors que l’ensemble des
syndicats ont voté contre tous ces décrets,
les personnels s’interrogent
sur la forfaiture de la FSU, leur principale organisation
syndicale : à la stupéfaction générale, et piétinant ses propres
positions et celles de ses syndicats, la délégation FSU a fait un refus de
vote sur les décrets concernant les professeurs d’Education Physique et Sportive
et s’est abstenue sur les décrets concernant le recrutement des agrégés,
certifiés et conseillers d’éducation. Cette dernière décision, purement
scandaleuse, a-t-elle été dictée par la direction du SNES, au profit des
intérêts strictement catégoriels qu'elle croit défendre, et au détriment de
choix fédéraux sur l'avenir de l'Ecole publique ?
Émancipation
intersyndicale appelle à condamner ces votes, indignes de la mobilisation
exceptionnelle contre cette casse de la formation des enseignants, indignes
d’une organisation qui se prétend de lutte, indigne de la confiance et de
l’attente des personnels exprimés lors des dernières élections professionnelles.
Ces votes rompent le front unitaire syndical qui a permis d’assurer le succès du
29 janvier et du 19 mars. Unité instrumentée par la FSU et ses syndicats pour ne
pas appeler à la grève depuis.
C’est parce qu’elle n’a reçu aucune
réponse à ces questions, que tous les militants syndicaux, tous les personnels
sont en droit de se poser, qu’Emancipation les pose publiquement à la direction
nationale Unité et Action / Ecole Emancipée.
La direction nationale de la
FSU doit reconnaître enfin que sa stratégie qui consiste à mordre au pseudo
dialogue social de Sarkozy, à cautionner par sa présence des groupes de travail
immédiatement bafoués doit être abandonnée au profit de la construction d’un
rapport de force à la hauteur, ce qui impose de quitter immédiatement toutes les
instances de prétendue concertation et de répondre aux personnels qui demandent
une réaction immédiate de grève, permettant d’organiser dans tous les secteurs
le refus de la rentrée.
Emancipation intersyndicale propose, dans son appel à
candidature pour le renouvellement des instances de la FSU (à paraître), que le
prochain congrès national permette aux syndiquéEs et aux courants qui désavouent
la direction sortante de la FSU de s’organiser pour mettre un terme à ce
gâchis.
Émancipation tendance intersyndicale Communiqué du 29 mai





